Dans
les années 1980, le football français se laissait prendre dans un drôle de jeu : le poker des capitalistes, comme l'avait défini un
hebdomadaire en 1986. L'argent arrivait à flots continus
dans les caisses des clubs. Des capitaines d'industrie comme
Jean-Luc Lagardère, des experts financiers comme Claude Bez se disputaient les stars du Championnat. C'était à
qui bâtirait la meilleure équipe. En ce printemps 1986, un nouveau président vient de prendre en main le club
de Jean Carrieu. Il a pour nom Bernard Tapie. Né dans une
famille modeste du Bourget, dans la banlieue parisienne, l'homme n'était pas réputé pour maîtriser le monde du football, les sportifs ne connaissaient que le patron d'une équipe cycliste professionnelle (Hinault et LeMond). En échange de salaires multipliés au moins par dix, comparés à leurs émoluments chez leurs précédents employeurs, Tapie exigeait deux choses : la victoire et une
excellente image, afin de doper ses sociétés,
Look, Wonder, La Vie Claire, etc.
http://www.trouvephoto.com/
Et Tapie jamais à court de formule pour entretenir le rêve, lance : « Marseille sera le premier club français à remporter une Coupe d'Europe... »-à l'issue de la saison 1988-1989, l'OM gagne le Championnat de France, un titre qui lui échappait depuis 1972. Et le président confirme sa réputation de « sauveur » d'entreprises en difficulté. Durant ses quatre premières années de présidence, il n'aura pas héeé à bouleverser plusieurs fois l'effectif de l'équipe : de 1986 à 1990, par exemple, l'OM a acquis 36 joueurs ! Et il mettra en pratique un de ses grands principes : « Pour être le meilleur, il faut prendre le meilleur... En sport, les différences [entre les joueurs] sont flagrantes, ce sont des critères objectifs...» Les dessous de la gloire. Sous la présidence de Tapie, l'OM a donc retrouvé le plus haut niveau. Il y eut quatre titres de champion de France consécutifs (de 1989 à 1992), une Coupe de France en 1989, une finale de Coupe d'Europe à Bari perdue contre l'Étoile rouge de Belgrade en mai 1991. Et surtout l'apothéose à Munich, en mai 1993, avec la première victoire d'un club français en Coupe d'Europe des clubs champions : ce jour-là, l'OM s'impose (1-0, but de Basile Boli) face au Milan AC. Bernard Tapie est un héros sur la Canebière. Il annonce que sa mission est accomplie et qu'il est prêt à quitter le club, ce qu'il fera durant la saison 1993-1994. Il est alors député, vise la mairie et sera un peu plus tard ministre (en charge du portefeuille de la Ville)... Mais d'étranges rumeurs avaient surgi durant cette présidence : des joueurs d'équipes adverses auraient été approchés par des « intermédiaires» pour laisser gagner l'OM. D'autres prétendaient que les finances du club étaient dans un état catastrophique, ce qui sera confirmé, dès 1994, avec la révélation d'un déficit de 300 millions de francs. Enfin, quelques jours avant la finale victorieuse à Munich, un joueur de Valenciennes, Jacques Glassmann, explique que l'OM a tenté de le corrompre ainsi que deux de ses coéquipiers. L'un de ces joueurs avait même enterré une somme d'argent dans le jardin d'un membre de sa famille. Quatre ans plus tard, la justice s'est prononcée sur les faits : elle a conclu à la responsabilité de Bernard Tapie et l'a condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Après avoir accompli sa peine, Bernard Tapie, que la passion pour le foot et l'OM n'a jamais quitté, reprend pied dans le club, dont il assume la seule direction sportive. Mais l'effet Tapie sera inexistant. Au contraire, son retour aiguise les contradictions. Ayant échoué à redresser le club phocéen, il passe la main à l'issue de la saison 2001-2002. Mais Bernard Tapie n'est jamais loin du football. On lui prête bien évidemment de nouvelles reprises de clubs. Pour l'instant, il se contente de reprendre Pascal Praud dans l'émission d'Eugène Saccomano qui l'intronise chroniqueur de son émission «On refait le match ».
http://www.omebatobo.fr/coach-a-caen/
http://www.trouvephoto.com/
L'antichambre du pouvoir
En octobre 1985, Mikhaïl Gorbatchev est en visite à Paris. Dans l'Express Sport (31 octobre 1986), Bernard Tapie se souvient : « Le dernier soir, grand
dîner, grand tralala. Bien. Je suis invité, j'y vais. À
table, je me trouve à côté de M'' Edmonde Charles-Roux, l'écrivain, la femme de Gaston Defferre. On papote
comme ça, on ne se connaissait pas du tout. Soudain, elle me dit : «Qu'est-ce que vous attendez pour venir nous sauver
l'OM ?» Dans la seconde, je me dis : c'est formidable! Quel enjeu ! Le foot à
Marseille... Et hop ! me voilà parti. Donc à
la fois coup de folie, d'instinct
mais aussi mécanisme et savoir
[...]. Deux jours après, je rencontrais
Defferre ».
Pour
la saison 1986-1987, Tapie président de l'OM réussit son
premier coup en recrutant Michel Hidalgo, alors directeur
technique national et ancien sélectionneur français,
et lui confie la direction sportive de l'Olympique de Marseille.
L'entraîneur s'appelle Gérard Banide; il a été champion de France avec l'AS Monaco, et le vice-président est Jean-Louis Levreau, le rédacteur en chef du journal le plus important de la ville, le Provençal. Rapidement, les résultats
arrivent. À Marseille, autour du Stade-Vélodrome,
on ne voit qu'une chose : l'OM gagne
à nouveau. Et Tapie jamais à court de formule pour entretenir le rêve, lance : « Marseille sera le premier club français à remporter une Coupe d'Europe... »-à l'issue de la saison 1988-1989, l'OM gagne le Championnat de France, un titre qui lui échappait depuis 1972. Et le président confirme sa réputation de « sauveur » d'entreprises en difficulté. Durant ses quatre premières années de présidence, il n'aura pas héeé à bouleverser plusieurs fois l'effectif de l'équipe : de 1986 à 1990, par exemple, l'OM a acquis 36 joueurs ! Et il mettra en pratique un de ses grands principes : « Pour être le meilleur, il faut prendre le meilleur... En sport, les différences [entre les joueurs] sont flagrantes, ce sont des critères objectifs...» Les dessous de la gloire. Sous la présidence de Tapie, l'OM a donc retrouvé le plus haut niveau. Il y eut quatre titres de champion de France consécutifs (de 1989 à 1992), une Coupe de France en 1989, une finale de Coupe d'Europe à Bari perdue contre l'Étoile rouge de Belgrade en mai 1991. Et surtout l'apothéose à Munich, en mai 1993, avec la première victoire d'un club français en Coupe d'Europe des clubs champions : ce jour-là, l'OM s'impose (1-0, but de Basile Boli) face au Milan AC. Bernard Tapie est un héros sur la Canebière. Il annonce que sa mission est accomplie et qu'il est prêt à quitter le club, ce qu'il fera durant la saison 1993-1994. Il est alors député, vise la mairie et sera un peu plus tard ministre (en charge du portefeuille de la Ville)... Mais d'étranges rumeurs avaient surgi durant cette présidence : des joueurs d'équipes adverses auraient été approchés par des « intermédiaires» pour laisser gagner l'OM. D'autres prétendaient que les finances du club étaient dans un état catastrophique, ce qui sera confirmé, dès 1994, avec la révélation d'un déficit de 300 millions de francs. Enfin, quelques jours avant la finale victorieuse à Munich, un joueur de Valenciennes, Jacques Glassmann, explique que l'OM a tenté de le corrompre ainsi que deux de ses coéquipiers. L'un de ces joueurs avait même enterré une somme d'argent dans le jardin d'un membre de sa famille. Quatre ans plus tard, la justice s'est prononcée sur les faits : elle a conclu à la responsabilité de Bernard Tapie et l'a condamné à deux ans de prison, dont un ferme. Après avoir accompli sa peine, Bernard Tapie, que la passion pour le foot et l'OM n'a jamais quitté, reprend pied dans le club, dont il assume la seule direction sportive. Mais l'effet Tapie sera inexistant. Au contraire, son retour aiguise les contradictions. Ayant échoué à redresser le club phocéen, il passe la main à l'issue de la saison 2001-2002. Mais Bernard Tapie n'est jamais loin du football. On lui prête bien évidemment de nouvelles reprises de clubs. Pour l'instant, il se contente de reprendre Pascal Praud dans l'émission d'Eugène Saccomano qui l'intronise chroniqueur de son émission «On refait le match ».
http://www.omebatobo.fr/coach-a-caen/

Commentaires
Enregistrer un commentaire