Dans les années 1980, le football français se laissait prendre dans un drôle de jeu : le poker des capitalistes, comme l'avait défini un hebdomadaire en 1986. L'argent arrivait à flots conti nus dans les caisses des clubs. Des capi taines d'industrie comme Jean-Luc Lagardère, des experts financiers comme Claude Bez se disputaient les stars du Championnat. C'était à qui bâti rait la meilleure équipe. En ce printemps 1986, un nouveau président vient de prendre en main le club de Jean Carrieu. Il a pour nom Bernard Tapie. Né dans une famille modeste du Bourget, dans la banlieue parisienne, l'homme n'était pas réputé pour maîtriser le monde du football, les sportifs ne connaissaient que le patron d'une équipe cycliste pro fessionnelle (Hinault et LeMond). En échange de salaires multipliés au moins par dix, comparés à leurs émoluments chez leurs précédents employeurs, Tapie exigeait deux choses : la victoire et une excellente image, afin de doper ses société...